Contexte

En 2022-2023, la Fondation a lancé son premier appel à projets international afin de soutenir des projets sur 3 ans se déroulant dans des « points chauds » de la biodiversité, ces écosystèmes menacés identifiés comme des zones critiques pour la biodiversité mondiale.

Selon le CEPF (Critical Ecosystem Partnership Fund), il existe 36 « points chauds » de la biodiversité mondiale. Pour être identifiée comme tel, l’écosystème doit contenir au moins 1 500 espèces de plantes endémiques, c'est-à-dire propres à la région géographique concernée et trouvables nulle part ailleurs sur Terre (ce qui les rend aussi spéciales que vulnérables à l’extinction), et doit avoir perdu au moins 70% de sa végétation primaire. La surexploitation forestière, la pollution ou encore l'introduction d'espèces non indigènes ont fortement fragilisé ces écosystèmes aujourd’hui menacés.  

Les zones humides du Cambodge font partie de ces zones critiques de la biodiversité mondiale. Les paysages protégés d'Anlung Pring et de Boeung Prek Lapouv sont deux des trois seules zones humides officiellement protégées dans le delta inférieur du Mékong cambodgien. Ces zones humides sont des zones clés pour la biodiversité et abritent de nombreuses espèces d'oiseaux et de poissons menacées au niveau mondial. Le site est également d'une importance vitale pour les moyens de subsistance d'environ 5 000 ménages locaux, qui dépendent des ressources des zones humides, notamment du poisson, des plantes comestibles et de l'eau pour l'agriculture.

Anlung Pring et Boeung Prek Lapouv ont subi des changements physiques substantiels au cours des 20 dernières années. Les programmes de développement économique à court terme ont également conduit à la conversion généralisée du paysage naturel - prairies inondées de façon saisonnière et forêts inondées - en rizières, réduisant ainsi la qualité de l'habitat et la biodiversité.

En effet, sur ces deux zones, la riziculture est le principal moyen de subsistance : 97% de la population locale vit de la culture du riz. Or, les variétés actuellement cultivées ne sont ni durables ni viables. Leur cycle de vie court, l'utilisation de produits chimiques qu'elles nécessitent, la consommation d'eau qu'elles génèrent, pour un prix de marché très bas, ne rendent ces cultures aussi néfastes pour l'environnement que précaires pour les populations locales. 

L'étendue et l'état des zones humides naturelles dans le delta inférieur du Mékong cambodgien ont ainsi diminué à un rythme très alarmant ces dernières années en raison de l'empiètement illégal, de l'utilisation non durable des ressources et de la conversion des forêts en terrain de riziculture. Les espèces qui dépendent de ces zones humides continuent de disparaître et les populations locales qui dépendent de cet équilibre écosystémiques sont gravement affectées. Les études récentes du WWT ont ainsi révélé que la superficie de la végétation naturelle des zones humides dans le delta inférieur du Mékong cambodgien a diminué de 65 % au cours des 30 dernières années.


 

 

Projet soutenu

À partir de 2022 - 2023, la Fondation L'OCCITANE soutient the Wildfowl & Wetlands Trust dans son projet de 3 ans de restauration des écosystèmes des zones humides du delta inférieur du Mékong au Cambodge. Ce projet s'attaque aux multiples menaces qui pèsent sur les paysages protégés d'Anlung Pring et de Boeung Prek Lapouv en travaillant avec les communautés locales pour préserver, restaurer et améliorer les zones humides.

Face aux dégâts causés par la riziculture intensive, le projet a pour but d'introduire des pratiques agricoles durables et viables, afin de réduire la pression exercée sur les zones humides. Menée collectivement, la restauration des écosystèmes influencera positivement les espèces protégées mais aussi plus largement l'ensemble des espèces de cet écosystèmes, dont celles ayant une importance pour l'activité économique des populations locales. 

Un autre axe du projet prévoit la revalorisation de l'écotourisme communautaire, en difficulté depuis la crise sanitaire du Covid19. En créant une institution fonctionnelle, la revalorisation de cette activité limitera la réorientation des populations locales vers des activités rémunératrices néfastes pour l'environnement. 

Objectifs

Budget 537 097 euros

Objectif 75 hectares préservés

Objectif 23 150 bénéficiaires

Crédits Photo ©WWT