Contexte

Au Burkina Faso, un des problèmes majeurs en matière de prévention de la cécité est le manque de ressources humaines qualifiées, leur mauvaise répartition sur l’ensemble du territoire et le manque d’équipements adéquats.

Les services de santé oculaires sont concentrés dans les 2 grandes villes du pays (Ouagadougou et Bobo Dioulasso) qui n’accueillent que 25% de la population nationale. Les zones rurales sont très peu desservies en soins oculaires de qualité, le pays comptait par exemple en 2017, 30 ophtalmologistes et seulement 5 d’entre eux exerçaient en zones rurales. Cela signifie que dans ces zones, 1 ophtalmologiste a à sa charge plus de 2,8 millions de patients (75% de la population nationale en 2017), une charge très loin de la norme minimale recommandée par L’Organisation Mondiale de la Santé (1 ophtalmologiste pour 500 000 habitants).

En outre, aux niveaux primaire et communautaire, où la plupart des maladies oculaires peuvent être prévenues ou traitées, les agents de santé ont encore très peu de connaissances sur le sujet et manquent souvent d'assurance et de matériel.

 

Projet soutenu

Au Burkina Faso, la Fondation L’OCCITANE soutient l’ONG Light For The World (LFTW) qui appuie le Ministère de la santé dans le cadre de l’amélioration de la santé oculaire de la population. La collaboration avec cette ONG s’articule principalement autour d’un projet de formation du personnel médical en santé oculaire.

Le projet consiste à renforcer les compétences et les connaissances des agents de santé à travers essentiellement des formations classiques de base sur la thématique oculaire et des formations de spécialisation. Des bourses d’études sont prévues dans le cadre du projet afin de soutenir la spécialisation des médecins qui sont dans le besoin. Le projet met également à la disposition des agents formés, du matériel et des équipements de travail adéquats tels que : du matériel informatique (ordinateurs, photocopieurs, vidéo projecteurs, etc.), du matériel et équipements d’examen et de chirurgie (champ visuel, lampe à fente, table d’opération, etc.).

Ce projet permettra ainsi d’améliorer la disponibilité et l’accessibilité des spécialistes dans le pays et par ricochet celles des soins de qualité au profit de la population.

Quelques chiffres

Ce projet vise à offrir des soins de qualité aux populations à travers la formation du personnel médical. 

Budget 2020 174 700 euros

Objectif 2020 24 200 bénéficiaires

Historique du partenariat

Projet soutenu depuis 2013

Au début du partenariat avec LFTW, en 2013, la Fondation a soutenu la spécialisation en ophtalmologie de 4 médecins à travers des bourses d’études à l’IOTA (l’Institut d’Ophtalmologie Tropicale d’Afrique) au Mali car le Burkina Faso ne proposait pas de DES (Diplôme d’Études Supérieur) dans ce domaine.

À partir de 2015, cette collaboration à aboutit à la mise en place et au renforcement de la capacité de formation du premier département de spécialisation en ophtalmologie au Burkina Faso (Diplôme d’études supérieures à l’université de Ouagadougou : DES/UO).

Aujourd’hui le partenariat avec l’ONG LFTW s’est élargi à l’ensemble des agents intervenant dans la santé oculaire que sont les agents communautaires, les infirmiers, les agents de maintenance des équipements oculaires, les médecins généralistes et spécialistes, etc.

Cette année ce sont notamment 41 nouveaux ophtalmologistes qui ont bénéficié de notre collaboration avec LFTW.

Budget total 777 329 euros

Objectif total 141 567 bénéficiaires

Témoignages

« Je suis contente car cet appareil a permis de détecter ce que j’ai en réalité. Grâce à celui-ci, j’ai eu un bon traitement. J’espère que d’ici là, j’aurai la paix avec ce mal afin de composer avec assurance. »

Hilari Nikiéma, bénéficiaire

 

 

 

 

Hilari Nikiéma

« Avant l’arrivée des équipements offerts, la situation n’était pas facile. En fin 2015, nous n’avions pas assez de lampe à fente et l’on utilisait tous la même lampe. Dans cette situation, il fallait faire la queue pour pouvoir examiner nos malades. Les attachés étaient obligés de patienter, attendre que l’on finisse avant de consulter leurs malades. Les équipements nous permettent de gagner en temps de consultation de nos malades. Nous avons la chance que cette machine soit dotée d’un espion qui permet à l’étudiant apprenant de suivre en même temps que son ainé, l’œil du patient, et de savoir reconnaitre les lésions de l’œil. Les dotations en consommables nous permet en outre de faire des fonds de l’œil sans nous soucier de la disponibilité du produit au sein de l’hôpital, d’aider les patients indigents….  Tout cela ne peut que nous rendre heureux. » 

Dr. Alassane TRAORE, étudiant en 3ème année de spécialisation en ophtalmologie, comme les autres étudiants de cette année, s’évertue à soulager et procurer les soins adéquats aux différents patients du service ophtalmologique du CHU YO. Le travail d’un DES de 3ème année consiste à consulter et traiter les patients arrivants, hospitalisés et à être un aide chirurgien au bloc opératoire sous la supervision des maîtres. 

LFTW témoignage médecin

« Cette technique nous permet d’aller plus vite, d’avoir de meilleurs résultats, et nous rencontrons moins de complications au lendemain de la chirurgie. En plus du gain de temps que nous obtenons, il y a celui observé au niveau du résultat fonctionnel et la diminution de l’utilisation des intrants. Nous avons beaucoup appris durant cette formation en Magrabi (au Cameroun), cela nous permettra d’améliorer nos compétences. » 

Dr. Toé Roland Ophtalmologiste a bénéficié d’une formation en SCIS (chirurgie de la cataracte à petite incision). Auparavant non suffisamment outillé pour prendre en charge les problèmes oculaires de ses patients dont les cas de cataracte, les dirigeait à contrecœur vers d’autres centres de santé. Grâce à cette formation, Dr. Toé appris à pratiquer la chirurgie manuelle de la cataracte à petites incisions. 

LFTW - Dr. Toé